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Faut-il Vraiment Chanter Avec Le Ventre ?

Il apparait que pour une grande majorité des chanteurs, des coaches et profs de chant, chanter "avec le ventre" est un élément technique essentiel.


Alors, comme d’habitude, on va aller y regarder de plus près.

D’abord, qu’est-ce que c’est, le ventre ? Qu’est-ce qui peut bien s’y passer quand on chante ?


Ensuite, on l’oppose à la gorge, en disant qu’il ne faut pas « chanter avec la gorge », mais bien « chanter avec le ventre ».


Qu’est-ce qui coince avec la gorge ? Et au final, pourquoi on focalise sur ces deux parties du corps ? Pourquoi seraient-elles si décisives pour l’émission sonore ?


Aujourd’hui pour ce 8ème article on s’attaque à un sacré morceau, alors, accroche-toi à tes planches anatomiques et à ton sens commun !


Bien sûr on ne peut pas totalement résoudre ce genre de questions complexes en quelques minutes.


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Bref, rentrons dans le vif du sujet.

Alors, alors, qu’est-ce que c’est, le ventre ?

De manière plus formelle, on l’appelle aussi l’abdomen. En fait, ce n’est pas un organe en tant que tel. C’est une partie du corps, une zone située entre le thorax et le petit bassin, où se trouvent les systèmes digestifs, reproducteurs et urinaires.


En haut il y a le fameux diaphragme, qui sépare donc le ventre des poumons, qui est le système respiratoire inférieur, et tout ça est recouvert par les muscles abdominaux, plus ou moins développés selon les gens.


Et là, c’est gênant, parce que c’est vaste, le ventre. On est censés chanter avec quoi là ? Les intestins, la vessie, les abdos, le diaphragme ? Si on veut être efficace, il faut d’abord savoir précisément de quoi on parle.


Alors, certains désignent la sangle abdominale. Mais c’est pareil, c’est flou tout ça. Et il y a des grands artistes qui disent ne jamais avoir utilisé cette fameuse technique du belting ; Julia Migenes Johnson par exemple, illustre soprano américaine, l’affirme dans plusieurs interview.


Et bon, focaliser sur la sangle abdominale ne garantit absolument pas un beau son ni des émotions intenses : ça influe sur la quantité sonore, mais mais du tout sur la qualité. Et c’est important d’en être conscient.


Personnellement, mes profs de chant n’ont jamais mentionné le ventre, l’abdomen ou la sangle. Ni Armande Altaï, dont la compétence est hyper reconnue puisqu’elle a quand même été la directrice de la Star Académie, ni Militia Battlefield, qui était une super chanteuse de jazz américaine. Alors, je n’ai jamais poussé la voix en utilisant cette zone. Mais jamais. Et tout s’est très bien passé.


Par la suite, j’ai voulu en apprendre plus, et j’ai notamment fait des séances d’orthophonie avec Véronique Pinna, puis Sophie Lair-Berreby. Là encore, pas de mention du ventre.


Mais par contre, on m’a parlé de respiration thoraco-abdominale, du diaphragme, et des côtes flottantes. Ça c’est précis.


Ecoute la version podcast ici


Ce que j’ai appris, c’est que, comme je l'explique dans l'article sur la respiration, ce qu’on souhaite en tant que vocaliste, c’est optimiser sa respiration, en utilisant la totalité des poumons, de bas jusqu’en haut, faire en sorte de ne jamais les vider complètement, et éventuellement repousser la cage thoracique, pour avoir plus d’espace de réserve et de résonance.

Et pour ça, les côtes flottantes sont super intéressantes, parce qu’elles sont très mobiles, et sur l’expir on peut les ouvrir énormément, ce qui donne l’incroyable sensation de respirer par le dos. Truc de fou, et technique particulièrement utile aux chanteurs qui ont besoin de puissance, par exemple dans le lyrique, le gospel, le métal ou le ragga dance hall, ou à ceux qui souhaitent pouvoir tenir des notes très longtemps.


Par contre, on entend dire ici et là qu’il faudrait tendre les muscles abdominaux, et certains vont jusqu’à comparer l’acte de chanter à celui de déféquer, oui, faire caca, je ne crois pas.

Regarde les grands artistes en live. Qui a le ventre serré ? Qui a l’air d’être en train de faire sa petite commission ? C’est vrai qu’ils peuvent avoir l’air tendu parfois, surtout sur les notes difficiles à atteindre, mais si vous regardez bien, vous verrez qu’à part le visage, tout le reste du corps est super détendu. Et les chanteurs d’opéra poussent la maîtrise jusqu’à la détente du visage lui-même.


Encore une fois, pour en avoir le coeur net, il faut consulter, et avant ça, bien choisir son phoniatre et son orthophoniste. Internet est génial et y apprend plein de choses, mais rien ne vaut le face à face avec un professionnel, je me répète mais tant pis, un professionnel compétent et bienveillant.


Maintenant, pourquoi opposer chant de ventre et chant de gorge ?

En fait, gorge, c’est un peu imprécis aussi, mais c’est une zone beaucoup plus restreinte, et beaucoup cruciale pour la voix. Sans cordes vocales par exemple, pas de son. Tout simplement.


Alors pourquoi dire qu’il ne faudrait pas se concentrer sur la gorge ?


Je pense au contraire, qu’il faut y être très attentif !


Il faut faire attention à n’y ressentir aucune gêne, ni picotement, ni gratouillis, parce que si c’est la cas, c’est qu’il y a un problème, soit en gorge soit aux cordes vocales, et qu’il vite aller voir le médecin.


Ensuite, il faut qu’elle ne soit pas serrée, fermée, forcée, mais bien détendue et ouverte cette gorge, et de plus en plus détendue et ouverte au fur et à mesure qu’on monte dans les notes.

Et puis il faut vérifier la position du larynx. Si je veux rester en voix directe, il faut que je le maintienne en position basse. Et je si jeux passer en tête, ou en sifflet, là il faut qu’il monte.

Enfin, si je veux comme on dit, timbrer, pour obtenir un son moelleux, chaleureux, velouté, crooner, quoi, il faut que je déploie tout l’espace de ma gorge, que je baille en grand.

Et pour aider ma gorge à s’ouvrir ou mon larynx à descendre, il faut que je soutienne en descendant ma mâchoire, et au besoin en rapprochant les coins de ma bouche. C’est très important.

Pour certaines techniques de vibes et de vibrato, pour ce qu’on appelle le vibré en fait, ou trémolo, la gorge joue aussi un très grand rôle.


Et puis, la base de la langue est bien dans la gorge, et il faut qu’elle aussi aussi soit très relax, donc, clairement oui, il faut prendre la gorge en compte dans la pratique vocale.

Personnellement, j’ai toujours focalisé mon attention et ma technique sur la gorge, parce que c’est ça qu’on m’a appris, et que j’en ai expérimenté l’efficacité.

J’avoue, j’aurais gagné à me m’intéresser beaucoup plus au développement de la cage thoracique et aux côtes flottantes, parce que du coup j’e suis un peu limitée au niveau de la puissance et des tenues de notes, et face aux chanteurs bien formés au gospel, à la soul ou au lyrique, par exemple, je suis un peu à la peine.

Mais bon. La puissance et les tenues de notes, c’est un plus. Encore une fois c’est un critère de quantité, pas une base ; ce n’est pas ce qui fait la qualité sonore, comme les registres ou le timbre. Ce n’est pas parce qu’on pousse super fort ou qu’on tient des notes hyper longtemps qu’on a la garantie de toucher le coeur du public. Et puis le micro ça aide.


Mais j’encourage vraiment les vocalistes qui ont besoin du volume et des longueurs à travailler sur le système respiratoire inférieur, c’est clair.

Mais en fait, développer la cage thoracique, ça fait partie des choses que tu peux faire avec un bon orthophoniste en fait, et en étant remboursé par la sécurité sociale. Et avec ton prof ou ton coach, tu peux te consacrer au reste, donc tout ce qui fait la qualité sonore, tout ce qui relève de la joaillerie vocale.

Et ce qui est certain en tout cas, c’est que tout le corps est important dans l’émission sonore. Déjà parce que le son résonne vraiment partout. Du petit doigt de pied au sommet du crâne, le son voyage par les os dans toutes notre personne. Il faut en être conscient et soutenir cette résonance.

Ensuite il y a la posture, et l’état du corps. Si une seule partie de ton corps est crispée, tendue, ou déséquilibrée, ça peut influencer tout le reste. Par exemple, si tu as une jambe plus courte que l’autre ou une hanche décalée, il y a de grandes chances pour que tes cordes vocales compensent, et que l’une devienne plus musclée, et l’autre plus faible, ce qui est très très préjudiciable, à court et à long terme, ça peut même aller jusqu’à un polype ou un nodule.

Et puis, il y a le mouvement. Tout ton corps doit accompagner la voix, que ça soit en mode interne, imperceptible de l’extérieur, tout en élégance et en discrétion, comme dans l’opéra, ou extrêmement expressif et appuyé comme dans le soul, le gospel ou le RnB.

En conclusion, donc, dire qu’il faut chanter avec le ventre, c’est très flou et partiel.

La voix nécessite la mobilisation et la synchronisation de la totalité du corps, et il faut donc analyser le rôle précis de chaque organe engagé, et mettre tout ça en action sans rien laisser au hasard.

Et penser que « chanter avec la gorge » serait mauvais est juste un non sens. Il faut au contraire y être très attentif, pour qu’elle soit détendue, bien ouverte, et ne surtout pas l’oublier dans l’équation, parce que les cordes y sont logées, et qu’énormément de processus se déroulent dans le larynx et le pharynx.

Et voilà, cet article touche à sa fin.

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Pour l’heure, si cet épisode t’a plu, mets un pouce en l’air, partage, abonne-toi, c’est très important pour le référencement, et pour que d’autres personnes puissent profiter de ce podcast.

Maintenant, dis-moi tout dans les commentaires !

Est-ce que tu te focalises plutôt sur ta sangle abdominale ou sur ta gorge ? Et quelle différence est-ce que tu perçois entre les deux ? As-tu plutôt développé ta qualité ou ta quantité sonore ? As-tu déjà travaillé avec un orthophoniste ? Comment est-ce que tu synchronises les différentes parties de ton corps ? Est-ce que tu réussis à ressentir toute ta personne en action dans la pratique vocale, corps et âme ?

Merci de ton attention et de tes retours, j’ai hâte de te lire ! D’ici là, porte-toi bien, et rv au prochain opus !


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